Argentine Et Buenos Aires / Photo : Espaces Andins

L’influence française dans l’architecture de Buenos Aires

Rien que par son nom, l’Argentine invite au voyage. On dit que « les mexicains descendent des aztèques, les péruviens des incas et les argentins descendent … des bateaux ».  Difficile de résumer l’histoire de l’Argentine en quelques mots, mais l’Argentine a été marquée par des vagues successives d’immigrations en peu de temps. A l’origine, la population indigène peuplait l’Argentine, puis arrivèrent au XVIème siècle, les espagnols avec la fondation de Buenos Aires (Notre Dame de Santa Maria de Buenos Aires) par Pedro de Mendoza (1536). Puis, plus tard, au XIXème siècle, après l’abolition de l’esclavage, la population noire disparu et la population indienne fut exterminée.  Au même moment, en 1810, l’Argentine obtint son indépendance (1816) sous la direction du Général San Martin. Cette indépendance a entrainé une vague massive d’immigration en provenance des pays européens. On arrivait en Argentine par bateau d’Angleterre, d’Italie, d’Espagne, du Pays de Galles, de l’Allemagne, et de la France.  Les français arrivent principalement du Pays Basque, du Béarn, de Bretagne, de la Savoie et de l’Aveyron. Nous étudierons dans cet article plus particulièrement l’influence de la France dans l’architecture Porteña (de Buenos Aires).

Carte de Buenos Aires, Argentine  / Photo : Mapoteca

Carte de Buenos Aires, Argentine / Photo : Mapoteca

 

BUENOS AIRES : LE PARIS DE l’AMERIQUE DU SUD

Dans les années 1820, à l’initiative de Rivadavia, les premiers ingénieurs français recrutés spécialement par le nouveau gouvernement arrivent dans le pays. Mais, c’est particulièrement au XXème  siècle que l’influence de l’architecture française a été un facteur déterminant. Les élites post-révolutionnaires se tournèrent vers la France pour s’inspirer des ponts, des routes et des bâtiments publics. Des grandes résidences ont été construites dans la zone qui s’étend des quartiers d’El Retiro jusqu’à la Recoleta en passant par la place Carlos Pellegrini. Le style prédominant était le classicisme français des XVIIe et XVIIIe siècles. L’influence française va également s’étendre au design urbain, à la décoration intérieure et à l’aménagement paysager. C’est la raison pour laquelle, on surnomme Buenos Aires comme étant le « Paris de l’Amérique du Sud ».

PETITE VISITE ARCHITECTURALE DE BUENOS AIRES  

Lorsque l’on visite le quartier de la Recoleta, on comprend la raison pour laquelle Buenos Aires est surnommée comme étant le « Paris de l’Amérique du Sud ». À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, les bâtiments publics, et en particulier les nouvelles résidences porteñas, ont adopté les normes esthétiques de l’Ecole des Beaux-Arts pour exprimer le statut social des familles qui y vivaient. Les planchers de bois franc, le marbre, les meubles, les rideaux, les peintures à l’huile et les sculptures importées de l’étranger sont devenus des objets de désir des familles les plus riches.

Prósper Catelin (1764- 1842), architecte et ingénieur français, qui a l’initiative du président Rivadavia a dessiné le cimetière de la Recoleta, l’un des plus renommés au monde où sont enterrés un grand nombre de personnalités d’Argentine dont Evita Peron.   A l’époque, P. Catelin était le chef des travaux publics de Buenos Aires et son architecture a été caractérisé comme étant principalement un style néo-classique. Le cimetière de la Recoleta est une véritable œuvre d’art qui abrite plusieurs styles architecturaux, en particulier les mausolées en marbre ornées de statues dont le nom de famille est sculpté.  Une visite du cimetière de la Recoleta est incontournable lors d’un séjour à Buenos Aires.

 

Cimetière de la Recoleta, Buenos Aires

Cimetière de la Recoleta, Buenos Aires

 

En 1822, P.Catelin avec Pierre Benoit, réalisa le portique néoclassique  de la cathédrale métropolitaine de Buenos Aires, qui tient son inspiration du Palais Bourbon à Paris.

Cathédrale Buenos Aires / Photo : Wikipedia

Cathédrale Buenos Aires / Photo : Wikipedia

L’avenue Alvear, emblème d’une Buenos Aires élégante et aristocratique où l’on y trouve une architecture très riche où domine le style français.  Les bâtiments transformés en véritables palais construits entre 1880 et 1920 quand le pays a connu une véritable prospérité et les classes supérieures avaient élu Paris comme étant leur ville préférée.

Le Palais Ortiz Basualdo, où siège l’actuelle Ambassade de France depuis 1939, est un bâtiment très représentatif de l’influence de l’architecture française à Buenos Aires. Ce palais fut conçu par l’architecte français, Pablo Pater, en 1913 pour la famille Ortiz Basualdo. C’est un pur exemple de l’architecture des Beaux-Arts.  Son intérieur a été décoré par la maison Jansen, ses plafonds sont décorés de fresques, de boiseries en chêne…

Ambassade de France à Buenos Aires

Ambassade de France à Buenos Aires

Intérieur ambassade de France / Photo :https://ar.ambafrance.org/

Intérieur ambassade de France / Photo :https://ar.ambafrance.org/

L’Ambassade du Brésil située dans un ancien manoir appartenant à la famille Pereda,  le Palais Duhau, le Palais Casey et l’hôtel Alvear sont des exemples emblématiques de l’architecture française de l’Avenue Alvear.

Palacio Perada, Buenos Aires

Palacio Perada, Buenos Aires

L’hôtel Alvear, remonte à 1932 et devait accueillir des voyageurs européens arrivés à Buenos Aires à cette époque. Son mobilier, ses ornements dorés et ses lustres époustouflants arborent les styles Louis XIV et Louis XVI.

Hotel Alvear, Buenos Aires

Hotel Alvear, Buenos Aires

On y trouve également la place où se trouve au centre,  la statue du Président Carlos Pelligrini. Cette statue fut créé en France en 1914. On doit à son père, Charles Henri  Pellegrini (1800-1875), la construction du premier théatre Colon en 1857.

La statue Pellegrini, Buenos Aires

La statue Pellegrini, Buenos Aires

Né à la fin du XIXe siècle, le Club Francés a été visité par de grandes célébrités de la culture française comme Anatole France et Antoine de Saint Exupéry. Ce somptueux manoir construit en 1941 abrite l’Hôtel boutique Club Francés depuis cinq ans.

Hotel boutique Club Francés Buenos Aires

Hotel boutique Club Francés Buenos Aires / Photo : La Nación

Le Club Francés a célébré en 2016 ses 150 ans. Ce bâtiment traditionnel de La Recoleta qui possède des boiseries anciennes abrite des objets précieux qui ont été des cadeaux ayant appartenu à des célébrités historiques. Ses 28 chambres ont été construites et décorées en harmonie avec l’esprit de cette institution importante de la vie culturelle Portena.

On doit à l’architecte français, René Sergent, la réalisation du Musée national des Arts décoratifs. Le bâtiment, excellent exemple du style éclectique français avec des meubles d’époque, des peintures, des sculptures et des objets d’art décoratif. Pour la société de Buenos Aires, en plus du manoir Errázuriz-Alvear, il a conçu les résidences de la famille Atucha, la famille Bosch-Alvear, le manoir Unzué, le palais Sans Souci à San Fernando et la maison Luis María Saavedra. René Sergent a travaillé en équipe avec un groupe sélect de décorateurs d’intérieur et de jardin. Pour la résidence Errázuriz-Alvear, les élus étaient H. Nelson, Georges Hoentschel, André Carlhian et le paysagiste Achille Duchêne. Le Palais Errázuriz Alvear a été construit entre 1911 et 1917 sous la direction des architectes locaux Eduardo M. Lanús et Pablo Hary.

Musée des arts décoratifs de Buenos Aires

Musée des arts décoratifs de Buenos Aires / Photo : mnad.org

Enfin, l’avenue de Mai ou « Avenida de Mayo » est l’une des principales artères de Buenos Aires, une grande avenue de style parisien qui s’étend de la Plaza de Mayo jusqu’à la Plaza del Congreso. En 1894, commença la construction de cette avenue pour relier la Casa Rosada et le congrès national. Après, sa construction, l’avenue a créé une atmosphère parisienne capable d’attirer l’élite de Buenos Aires se remplissant de bâtiments distingués, de théatres et d’élégants cafés.

Café Tortoni, Buenos Aires

Café Tortoni, Buenos Aires

Parmi les élégants café, d’époque, nous avons le Café Tortoni, le plus ancien de la ville et une véritable institution. L’avenida de Mayo conserve toute la splendeur des temps passés, ses bâtiments conservent un mélange de façades avec des styles Art Nouveau, de la belle époque, et Art déco.

Nous pourrions parler pendant des heures de cette fantastique ville qu’est Buenos Aires. Le mieux est de la découvrir par vous-même, chaque quartier est unique et Espaces Andins vous recommande d’y consacrer plusieurs jours pour vous imprégner de son atmosphère. Espaces Andins vous propose l’organisation de votre voyage en Argentine, n’hésitez pas à nous contacter

Par Valérie